Du Lundi 20 au vendredi 24 juillet venez louer et adorer animé par les jeunes missionnaires d'Anuncio

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Les textes de la messe

DIMANCHE  19 JUILLET 2026

16ème dimanche du Temps Ordinaire
Année A - Coul
eur liturgique : Vert

 

1ère Lecture :  Livre de la Sagesse (12, 13.16-19)
"Après la faute tu accordes la conversion"


Psaume 85
" Toi qui es bon et pardonnes, écoute ma prière, Seigneur"

 

2ème Lecture : lettre de Paul aux Romains (8, 26-27)
"
L'Esprit lui-même intercède par des gémissements inexprimables"

 

Évangile : Matthieu  (13, 24-43)
"Laissez les pousser ensemble jusqu'à la moisson"

Laissez les pousser ensemble........

Homélie

Père Mickaël LE NEZET

Curé de l'ensemble pastoral

L’ennemi survient au moment où les gens dorment venons-nous de lire dans cette parabole racontée par Jésus. S’ils ne s’étaient pas endormis, sans doute que l’ennemi n’aurait pu intervenir. Voilà une belle invitation pour chacun de nous à la veille et à la vigilance pour nos vies.

Plusieurs fois dans l’évangile Jésus nous invite en effet à veiller, à ne pas nous endormir. D’une manière très concrète, dans un de ses sermons, le cardinal Newman nous indique que veiller, c’est éviter la compagnie qui a des chances de nous détourner du droit chemin, c’est fuir l’ombre du mal. C’est encore éviter de lire des livres qui nous sont dangereux, et l’on pourrait même actualiser ses propos en nous invitant à la prudence avec l’utilisation de nos smartphones. Veiller c’est encore se détourner des pensées mauvaises et de tout ce qui nous éloigne de Dieu et nous enlève le goût du Royaume de Dieu. Oui, il a des relations, des situations, des événements du quotidien qui ne nous aident pas à nous approcher du Royaume de Dieu, c’est à dire de cette vie de plénitude, d’harmonie avec Dieu. Car tout ceci laisse ainsi la porte ouverte de notre cœur pour que l’ennemi vienne y semer l’ivraie, c’est-à-dire littéralement en grec, la zizanie, la division, la corruption. Il nous faut veiller et ne pas nous laisser endormir par toutes les séductions du monde qui ne manquent pas. Il s’agit d’être vigilant pour surveiller notre cœur, la vigilance est signe de sagesse, elle est surtout un signe d'humilité, parce que nous avons peur de tomber, et l'humilité est la voie royale de la vie chrétienne.

Mais c’est appel à veiller signifie aussi selon moi, ne pas nous laisser endormir par tous les prophètes de malheurs qui ne manquent pas à l’appel dans notre monde comme dans l’Eglise d’ailleurs. Face à un tel déchainement du mal, dans notre société comme dans notre Eglise, des sentiments de colère, de découragement, d’indignation, d’abattement, d’impatience peuvent monter de nos cœurs et nous plonger dans la désespérance. Ce n’est pas une attitude chrétienne. C’est à tous ceux-là que Jésus s’adresse dans cette page d’évangile. S’il nous rappelle que le jugement viendra, il invite surtout à la patience et à l’espérance. Cela signifie-t-il que nous devrions alors « tolérer le mal » ? Le pape François nous aide à trouver la bonne posture : « L’attitude du propriétaire est celle de l’espérance fondée sur la certitude que le mal n’a ni le premier ni le dernier mot. Et c’est grâce à cette espérance patiente de Dieu que l’ivraie elle-même, c’est-à-dire le cœur méchant avec de nombreux péchés, peut, à la fin, devenir du bon grain. Mais la patience évangélique n’est pas de l’indifférence à l’égard du mal ; on ne peut pas confondre le bien et le mal ! Face à l’ivraie présente dans le monde, le disciple du Seigneur est appelé à imiter la patience de Dieu, à nourrir l’espérance avec le soutien d’une confiance inébranlable dans la victoire finale du bien, c’est-à-dire de Dieu. » Aux disciples qui voudraient « faire le ménage », en allant aussitôt arracher l’ivraie, le maître les invite à la patience en laissant cohabiter l’ivraie avec le blé, sûre qu’au temps de la moisson, il sera bien temps de faire le tri. Au fond, il nous faut accepter cette cohabitation avec le mal mais parce que nous savons justement qu’il ne gagnera pas et même qu’il a déjà perdu. Telle est notre espérance…

Cela me fait penser aux paroles de Saint Jean Vingt Trois dans son discours à l’ouverture du Concile Vatican II : « Il arrive souvent que dans l’exercice quotidien de Notre ministère apostolique Nos oreilles soient offensées en apprenant ce que disent certains qui, bien qu’enflammés de zèle religieux, manquent de justesse de jugement et de pondération dans leur façon de voir les choses. Dans la situation actuelle de la société, ils ne voient que ruines et calamités ; ils ont coutume de dire que notre époque a profondément empiré par rapport aux siècles passés ; ils se conduisent comme si l’histoire, qui est maîtresse de vie, n’avait rien à leur apprendre et comme si du temps des Conciles d’autrefois tout était parfait en ce qui concerne la doctrine chrétienne, les mœurs et la juste liberté de l’Eglise. Il Nous semble nécessaire de dire Notre complet désaccord avec ces prophètes de malheur, qui annoncent toujours des catastrophes, comme si le monde était près de sa fin. »

Comment vivre alors ces temps qui sont les nôtres, aussi bien dans notre société que dans notre Eglise ? Saint Jean-Paul II dans son livre testament, Mémoire et Identité, apportera cette réflexion lumineuse : « le Maître de la moisson ne se borne pas à contempler la croissance simultanée de l’ivraie et du bon grain, Il se fait lui-même grain de blé pour tomber en terre et mourir (Jn 12,24). C’est un des aspects de la divine Miséricorde : « comme si le Christ avait voulu révéler que la limite imposée au mal, dont l’homme est l’auteur et la victime, est en définitive la Divine Miséricorde. » « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien. » (Rm 12, 21) A la suite du Christ nous sommes nous aussi appelés à nous faire grain de blé, ou graine de moutarde semés en terre, ou encore levain dans la pâte. Nous sommes appelés à faire de notre vie une semence d’amour pour celles et ceux qui nous entourent. Nous sommes appelés à mourir à nous-mêmes, à nos petits conforts, à nos petits égoïsmes du quotidien pour faire de notre vie une offrande d’amour. Dieu ne nous demande pas des exploits dans l’amour, mais de poser de simples gestes d’amour, au quotidien tel que nous sommes, avec ce que nous sommes. N’oublions pas ce que Jésus nous dit : « Celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense » (Mt 10, 34) Nous croyons que ce sont ces petits actes d’amour du quotidien qui changeront les choses. Nous osons croire que ces petits actes ont en eux-mêmes une puissance de transformation du monde. C’est à cet acte de foi que nous sommes ainsi appelés, à l’image du semeur qui ne désespère pas, qui patiente et fait confiance. Alors frères et sœurs nous-aussi, sortons et devenons des semeurs d’espérance et d’amour. Amen.

P. Mickaël

 

Méditation

Père Michel COTTEREAU

Prêtre coopérateur

Dans mon homélie de dimanche dernier j’évoquais déjà la question de l’ivraie semée par un ennemi. Jeudi dernier, nous avons fait mémoire de Notre Dame du Mont Carmel.  Que rien ne te trouble, que rien ne t'effraie, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout ; celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit. (Thérèse d’Avila)                               Sainte Thérèse d’Avila,  a su vivre cette vertu de patience dans une vie bien remplie. Voici une nouvelle  « parabole » !  Si vous demandez à un enfant ce qu’est une parabole, il vous parlera de l’antenne satellite sur le toit. Question de génération, c’est toujours une question de communication. Jésus veut nous communiquer le visage de Dieu son Père. Un visage d’un Dieu constant, patient et confiant, il nous veut Saint.

Un Dieu constant.
Comme le satellite ne cesse d’envoyer le message, Dieu ne cesse de parler  dans l’histoire des hommes. Le fond du sujet est toujours  le même, c’est de faire réussir l’homme, personne et communauté, dans toutes les dimensions de sa vie. C’est la constance de Dieu qui nous invite à la constance de notre réponse, nous qui sommes si versatiles, bons sujets de la société de consommation. « Heureux l’homme dit le Psaume 1. Et les béatitudes ne cessent de clamer « Heureux ». C’est le chemin de la sainteté au quotidien un chemin de joie, dans la constance.

Un Dieu patient :
«  La patience obtient tout »  disait Thérèse d’Avila. S’il devait y avoir une spiritualité du temps, ce serait que Dieu nous donne le temps de notre vie pour recevoir, comprendre et mettre en œuvre son projet sur tous et sur chacun. C’est accepter de se convertir. C’est une question de réglage et de bonne orientation de la « parabole de notre vie ». On entend dire souvent : « je n’ai pas le temps ». Mais le temps nous l’avons, il nous est donné. C’est ce que nous faisons de notre temps qui ne va pas. Apprenons à prendre le temps de la patience!

Un Dieu confiant.
C’est une chose inouïe. Dieu croit en l’homme. Il lui fait confiance jusqu’à risquer de lui confier son Fils. Dieu croit plus en nous que nous croyons en lui. Comme la « Parabole » a besoin d’un décodeur, l’Eglise peut nous aide à décoder le message.  Au cœur de notre monde nous avons à  la transcrire dans la vie des hommes et  proposer à notre humanité déchirée par les guerres qu’un chemin de dialogue, de paix et de fraternité reste toujours possible et que la violence physique ou verbale ne résout rien. Entrer dans la confiance avec le Seigneur, c’est poser sur notre humanité un regard de confiance, que tout reste possible.

Ce regard, ce défi, c’est celui du Pape Léon dans son encyclique : Magnifique humanité. Voici ses quelques mots de l’introduction : « La magnifique humanité, créée par Dieu se trouve aujourd’hui face à un choix décisif : ériger une nouvelle tour de Babel ou bâtir la cité où Dieu et l’humanité habitent ensemble… faire mûrir l’histoire comme un lieu où la dignité de toute personne est préservée, la justice possible et la fraternité rendue possible. » Que ces quelques mots nous invite à lire cette encyclique et  relever ce défi de Dieu et de l’Homme.

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