
Les textes de la messe
DIMANCHE 16 AOÛT 2026
20ème dimanche du temps ordinaire
Année A - Couleur liturgique : Vert
1ère Lecture : Livre d'Isaïe (16, 1.6-7)
"Les étrangers, je les conduirai à ma montagne sainte"
Psaume 66
" Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ;
qu'ils te rendent grâce yous ensemble !"
2ème Lecture : Lettre de Paul aux Romains (11, 13-15.29-32)
"À l'égard d'Israël, les dons gratuits de Dieu et son appel sont sans repentance"
Évangile : Matthieu (15, 21-28)
" Femme, grande est ta foi ! "
Homélie
Père Mickaël LE NEZET
Curé de l'Ensemble Pastoral
Cet épisode qui nous est rapporté par saint Matthieu, éclairé des deux premières lectures nous offre un enseignement de la part de Jésus sur la mission dans le monde. Rappelons-nous que l’Église n’existe pas pour elle-même. Son seul objectif missionnaire est d’arriver à tous. Si ce n’est pas notre souci premier, si notre l’Église ne s’inscrit pas dans ce processus missionnaire, alors nous ne serons plus qu’un musée poussiéreux aux affiches jaunies, une communauté d’hommes et de femmes découragés et fatigués de constater que les bancs se vident petit à petit, une structure vieillie incapable de penser autrement que ce qui s’était fait jusqu’alors. Il y a urgence à nous laisser bousculer par le Seigneur qui avait pourtant laissé un message clair à ses disciples « Allez donc de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit ». Et il ajoutait même comme pour les rassurer et les conforter dans cette mission : « Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin des temps. » (Mtt 28, 19-20)
Alors frères et sœurs, écoutons encore Jésus dans cette page d’Évangile puisqu’il nous donne quelques éléments de ce que doit être cette mission qu’il confie à chacun de nous personnellement mais aussi communautairement.
L’évangéliste nous dit que Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Jésus ne s’est pas contenté de rester en terre connue, de rester là où s’était plus facile, plus confortable peut-être. Non, Jésus choisit de sortir - c’est d’ailleurs pour cela qu’il est venu- et de rejoindre cette terre étrangère, peu fréquentée des juifs, plus risquée aussi. « Tout chrétien et toute communauté chrétienne, nous sommes invités à accepter cet appel : sortir de son propre confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Evangile » écrit le pape François dans l’exhortation Evangelii Gaudium (EG 20) Nous devons prendre au sérieux cet appel et nous demander qu’elles sont ces terres qui nous sont étrangères, que nous ne rejoignons pas, où la Bonne Nouvelle n’est pas encore parvenue. Nous devons les rejoindre.
L’Évangile nous parle de cette femme, de ses cris, de sa demande, de sa prière. La mission c’est déjà cela mes amis : entendre le cri des hommes, leurs attentes, leurs désirs, leurs prières. Je suis frappé de voir, comme nos deux séminaristes de la Communauté St Martin cette semaine dans cette mission d’accueil dans l’église, lors de diverses rencontres de jeunes, d’adultes, souvent bien loin de nos églises, combien ils portent en eux une quête de sens, de vérité. Je suis touché lors des rencontres de familles à l’occasion d’un baptême d’entendre les questions existentielles si fortes. « Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie ». (EG 49). Nous ne pouvons pas rester sourds à ces cris et ces appels et même s’ils nous dérangent, nous déstabilisent et nous désarçonnent. L’Église doit être toujours une Mère au cœur ouvert, une Église aux portes ouvertes. « La maison ouverte du Père » aimait dire le pape François. (EG 47)
Enfin ce qui est touchant dans ce récit biblique c’est que Jésus va accepter de se laisser déplacer dans son jugement par cette femme. Et même, il s’émerveillera de la foi de cette femme. La mission doit toujours se vivre dans le dialogue, un dialogue dans la vérité mais où chacun peut se dire, exprimer ses convictions, sa manière de voir les choses, comme cette femme. Il n’y a pas de mission sans dialogue. « L'Église doit entrer en dialogue avec le monde dans lequel elle vit. L'Église se fait parole ; l'Église se fait message ; l'Église se fait conversation » écrivait le pape Paul VI dans son exhortation, Evangelii nuntiandi n°67. Nous devons favoriser dans l’Église ces lieux de dialogue, de conversation et d’échange sans avoir peur, car souvent Dieu nous rejoint aussi à travers la parole de l’autre, même de celui qui à priori ne partage pas nos convictions. Et il y a de la joie à oser cela.
Alors oui frères et sœurs, soyons cette Église capable d’entendre le cri des hommes et d’y répondre, capable de se risquer dans ces lieux où elle est étrangère, capable d’entrer en dialogue avec ces hommes et ces femmes. Mais pour cela il faut que nous acceptions de retrousser nos manches, de prendre notre bâton de pèlerin et de sortir de notre confort, de nos habitudes, de nos certitudes. Saint Jean Paul II nous le rappelait déjà dans son encyclique Redemptoris Missio n°82 : « Dieu est en train de préparer pour le christianisme un grand printemps que l'on voit déjà poindre. » Mais pour cela, il nous faut retrouver l’audace missionnaire des premiers temps. Elle nous sera donnée, je le crois, par la puissance de l’Esprit-Saint que nous appelons sur nous et nos communautés paroissiales. Amen
P. Mickaël
Méditation
Père Michel COTTEREAU
Prêtre coopérateur
« Comment ai-je ce bonheur que la Mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? »
Avec Elisabeth osons rendre grâce pour la Vierge Marie qui vient à nous en ce jour, par la célébration de son élévation au ciel. Elle ouvre avec nous et pour nous et notre humanité dans ces temps troublés un chemin d’espérance. En Marie, sous l’action de l’Esprit-Saint, l’humanité accède à la divinité du Fils de même que par Marie, sous l’action de l’Esprit-Saint, le Fils accède à l’humanité de sa Mère. C’est cet « admirable échange » (St Léon Pape 440-461) de l’amour qui se donne, se reçoit et se partage entre Dieu et l’humanité. Trois messagers viennent baliser ce chemin : Raphaël, Mickaël et Gabriel.
Un Amour qui se donne avec Raphaël (Dieu guérit).
L’amour vient de Dieu et retourne à Dieu. La grâce est donnée. Don gratuit de Dieu elle est source de vie divine. Le Seigneur le dira à St Paul : « ma grâce te suffit ». Nous avons à reconnaitre cette source de vie comme Raphaël guérit Tobit.
Un Amour qui se reçoit avec Mickaël (qui est comme Dieu ?)
Pour recevoir cet amour, il nous faut lutter et ouvrir notre cœur. Il faut lutter comme nos replis sur notre petite personne, sortir de notre égoïsme. C’est un combat de chaque jour et de chaque instant ; image du combat de la femme et le dragon, image du Mickaël dans son combat contre Satan.
Un Amour qui se partage. C’est Gabriel (Dieu dit).
Le messager du Seigneur qui annonce à Marie la joie de sa naissance. Il lui annonce sa vocation, sa mission. Nous sommes les messagers de Dieu, ses ambassadeurs, porteurs d‘une bonne nouvelle à partager. C’est notre mission et notre service.
Avec la Vierge Marie en ce jour mettons-nous à son écoute. Sa vie pourrait se résumer à ces deux paroles : « Le suis la servante du Seigneur que tout se passe selon ta Parole » et à Cana : « faites tout ce qu’il vous dira. » Mettons-nous à l’école de la Vierge Marie image de l’Eglise et que l’assistance des trois Archanges nous conduise sur le chemin de la grâce, du pardon et du service.
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