Les textes de la messe

DIMANCHE  12 JUILLET 2026

15ème dimanche du Temps Ordinaire
Année A - Coul
eur liturgique : Vert

 

1ère Lecture :  Livre d'Isaïe (55, 10-11)
"La pluie fait germer la terre"


Psaume 64
" Tu visites la terre et tu l'abreuves,
Seigneur, tu bénis les semailles"

2ème Lecture : lettre de Paul aux Romains (8, 18-23)
"
La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu"

 

Évangile : Matthieu  (13, 1-23)
"Le semeur sortit pour semer"

Homélie

Père Mickaël LE NEZET

Curé de l'ensemble pastoral

Je voudrais commencer par une citation de Saint Jérôme qui nous fait entrer dans le thème de notre méditation de l’Évangile d’aujourd’hui. « Quand nous nous référons au Mystère Eucharistique et qu’une miette de pain tombe, nous nous sentons perdus. Et quand nous écoutons la Parole de Dieu, c’est la Parole de Dieu et le Corps et le Sang du Christ qui tombent dans nos oreilles et nous, nous pensons à autre chose. Pouvons-nous imaginer le grand danger que nous courons ? » 

Nous connaissons bien en effet la parabole de la semence que nous venons d’entendre au point peut-être de ne plus prêter attention à ce qu’elle nous dit. Comment l’entendre de manière neuve, comment la recevoir pour qu’en tombant dans notre oreille, elle devienne nourriture pour nous et nous transforme ? Nous lisons dans le prologue de saint Jean que le Verbe, c'est-à-dire la Parole, s’est faite chair et a habité parmi nous. Nous comprenons alors que la véritable semence, c’est le Christ. Le Christ est le Verbe de Dieu. Dans l’exhortation apostolique verbum domini, le pape écrit encore que la Parole ne s’exprime plus d’abord à travers un discours, fait de concepts et de règles. Nous sommes mis dorénavant face à la personne même de Jésus. Son histoire unique et singulière est la Parole définitive que Dieu dit à l’humanité. La Parole a donc non seulement une voix mais elle a aussi en Jésus Christ un visage. 
 

Ainsi, la question véritable qui se pose à nous aujourd’hui dans l’Évangile est bien celle-ci : quelle place accordons-nous au Christ dans notre vie ? Comment choisissons-nous de nous laisser transformer par Lui. Quel est le type de relation que nous entretenons avec Lui ? La dernière partie de l’Évangile nous éclaire ainsi sur cette question. Il y a l’homme qui au fond aime bien entendre parler du Christ mais qui se détourne de lui dès que les premières difficultés de la vie ou des épreuves se présentent. Il y a aussi l’homme trop occupé par les soucis de ce monde, par le rythme de la vie trop intense au point que cette relation avec le Christ reste finalement épisodique, superficielle, sans lendemain. Pour reprendre la parole de saint Jérôme, pouvons-nous imaginer, en nous détournant du Christ, le grand danger que nous courrons ? 

Le véritable appel qui retentit aujourd’hui est un appel à choisir le Christ et à l’accueillir au cœur de notre vie. C’est une invitation à nous laisser rejoindre par le Christ et nous laisser transformer par lui, par sa vie, par son enseignement, en accordant notre volonté à la sienne. Par cette humanité assumée dans sa chair, le Christ, nous éclaire sur le chemin que nous avons à vivre, un chemin enraciné dans l’amour, l’amour exigeant et profond, le chemin du don de soi par amour. Et nous entendons alors, dans cette page d’Évangile que celui qui se laisse ainsi ensemencer par le Christ, celui qui choisit de laisser le Christ vivre en lui, celui qui comprend « qu’en dehors de lui, il ne peut rien faire », celui-là porte du fruit. Celui qui choisit de vivre du Christ, celui-là ne perd rien de lui-même mais au contraire gagne tout. Il grandit en vie éternelle.

C’est ainsi que nous pouvons comprendre cette phrase énigmatique de l’Évangile : « celui qui a recevra encore et il sera dans l’abondance. Celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a. «Celui qui a le Christ ne manque de rien. Celui qui s’attache au Christ trouve ainsi les réponses aux questions qui accompagnent son chemin. Celui qui a le Christ ne craint pas d’affronter les situations difficiles, les moments de crise, les épreuves de la vie car il sait que le Seigneur l’accompagne, qu’il est là présent et qu’il ne le lâchera pas. Celui qui a le Christ ne peut pas désespérer de lui-même ou des autres car il sait, qu’à travers les aléas de la vie, celle-ci a pourtant un sens, une destinée. Notre assurance, c’est en Christ qu’elle se trouve ! Mais celui qui pense y arriver par lui-même, qui se suffit à lui-même, qui met son assurance en ses propres capacités, le jour où les difficultés se présenteront qu’il ne pourra gérer, se fera enlever même cette assurance et ses capacités qu’il croyait avoir. 

Frères et sœurs, rappelons-nous les paroles de saint Paul, : « si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. » (2 Co 5, 17) Invoquons l’Esprit Saint pour qu’il ouvre nos cœurs à la présence du Seigneur. Que cette semence qu’est le Christ puisse agir nous et produire un fruit qui demeure. Amen

P. Mickaël

 

Méditation

Père Michel COTTEREAU

Prêtre coopérateur

« Voici que le semeur est sorti pour semer… »
En voilà une bonne nouvelle. Est-ce vraiment quelque chose de nouveau ? Encore heureux, celui-ci fait son devoir. Mais je ne sais pas si vous, vous aviez un tel serviteur chez vous, vous le garderiez comme semeur ? Mais la logique du Seigneur, n’est pas la nôtre. Alors Seigneur que veux-tu nous dire aujourd’hui dans cette histoire ?  En relisant un commentaire de Saint Jean Chrysostome, (Evêque de Constantinople en 397, surnommé « Bouche d’or » pour son éloquence exceptionnelle.) Je vous invite a considérer trois choses ou trois lieux ou la semence et lancée : il y a de sol pierreux, les ronces et le bord du chemin, et enfin la bonne terre.

Le sol pierreux.
Dans le livre d’Ezéchiel au chapitre 36 il nous est dit : « Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j'ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair.  Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois… » Nous sommes invités à l’espérance. Si nous avons un cœur de pierre le Seigneur est capable de nous donner un cœur nouveau. La bonté du Seigneur est grande et sa miséricorde s’étends sur tous et sur chacun. Encore faut-il que nous acceptions d’entrer dans ce mouvement de conversion et de nous laisser aimer par le Seigneur. Nous en faisons souvent à notre tête, sur d’avoir raison dans certaines situations ou conflits. La foi, la confiance en Dieu est un laissé faire le Seigneur sans se laisser aller.

Les ronces et le bord du chemin. « Vous êtes dans le monde, mais vous n’êtes pas du monde »
Jésus dans sa prière, souligne l’importance de vivre dans le monde sans être du monde. Il demande au Père de garder ses disciples dans l’unité. Il y a bien des situations qui nous échappent et apparemment nous n’y pouvons pas grand-chose. Nous baignons dans une société marquée par le péché. Le concept de structures de péché a été développé et approfondi par le pape Jean-Paul II. Il désigne des systèmes sociaux ou institutionnels qui, par leur organisation et leur fonctionnement, contraignent les individus à agir de manière pécheresse, même sans intention directe de mal. Mais ne désespérons pas de la patience du Seigneur. Souvenez-vous de l’ivraie semée dans le champ par un ennemi. A la moisson il faudra faire le tri entre le bon grain et l’ivraie. Aujourd’hui, "séparer le bon grain de l’ivraie" est devenu une expression courante pour désigner le fait de faire le tri entre ce qui est juste et ce qui est mauvais, que ce soit dans la vie morale, sociale ou professionnelle   Elle conserve l’idée de discernement et de patience avant de prendre une décision finale. Soyons ces femmes et ces hommes de patience et de discernement.

La bonne terre.  
Enfin, oui il y a de la bonne terre. Dans chaque personne, il y a quelque chose de bon et de vrai de beau i. Baden-Powell dans sa conception du scoutisme disait que dans chaque être humain il y a une portion de vrai et de bon. Il faut par l’éducation, l’accompagnement faire que cette partie de bonne terre en chacun de nous grandisse et remporte la majorité de la personne et porte du fruit. Chaque être humain est capable de bon de vrai de beau. Et comme le disait Mr Robert Badinter : « On ne doit jamais priver quiconque du droit de devenir meilleur. » Il est si facile de juger d’exclure, de céder à la violence et de refuser le dialogue et la différence. « Qui suis-je pour juger » disait le Pape François.

Le semeur est sorti pour semer. N’oublions pas ce que le Seigneur nous dit : « De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : ’Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n’avons fait que notre devoir. » Comme le semeur est sorti, soyons des hommes et des femmes qui osent sortir à la rencontre des hommes et des femmes de notre temps, ne restons pas au bord du chemin. Le Seigneur par notre présence sèmera le bon grain dans la bonne terre du cœur de l’Homme.

Merci de soutenir la mission de l'Église


Pour la vie de l'Église

 



SECOURS CATHOLIQUE - Faire un don
 


Vous désirez offrir une ou plusieurs messes pour une intention particulière.

L'ensemble pastoral met à votre disposition le document ci-dessous.

N'hésitez pas à le télécharger et à l'utiliser.

Offrande de messeOffrande de messe