Histoire

La Rafle du Vél d'Hiv

La rafle dite du "Vel d’Hiv" est l’un des événements les plus tragiques survenus en France sous l’Occupation. En moins de deux jours, les 16 et 17 juillet 1942, 12 884 femmes, hommes et enfants, répartis entre Drancy (près de 4 900) et le Vel d’Hiv (8 000), ont été arrêtés par la police parisienne à la suite d’un arrangement criminel entre les autorités allemandes et le gouvernement de Vichy. Seule une petite centaine de ces victimes survivra à l’enfer des camps nazis.
Cette opération  emblématique et monstrueuse  demeure pourtant relativement méconnue. L’arrière-plan administratif et la logistique policière de la grande rafle n’ont été que peu étudiés, et jamais dans le détail. Légendes (tel le nom de code «  opération Vent Printanier  ») et inexactitudes (sur le nombre de personnes arrêtées ou celui des effectifs policiers) sont répétées de livre en livre. Et l’on ignore que jamais Vichy ne livra plus de juifs français à l’occupant que le 16 juillet 1942  ! Laurent Joly

Lettre de Mgr Salliège

« Mes très chers Frères,

Il y a une morale chrétienne,  il y a une morale humaine

qui impose des devoirs et reconnaît des droits.

Ces devoirs et ces droits, tiennent à la nature de l’homme.

Ils viennent de Dieu. On peut les violer.

Il n’est au pouvoir d’aucun mortel de les supprimer.

Que des enfants, des femmes, des hommes,

des pères et des mères soient traités comme un vil troupeau,

que les membres d’une même famille soient séparés les uns des autres

et embarqués pour une destination inconnue,

il était réservé à notre temps de voir ce triste spectacle.

Pourquoi le droit d’asile dans nos églises n’existe-t-il plus ?

Pourquoi sommes-nous des vaincus ?

Seigneur ayez pitié de nous.

Notre-Dame, priez pour la France.

Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou.

Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes.

Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes,

contre ces pères et mères de famille.

Ils font partie du genre humain.

Ils sont nos Frères comme tant d’autres.

Un chrétien ne peut l’oublier.

France, patrie bien aimée France

qui porte dans la conscience de tous tes enfants

la tradition du respect de la personne humaine.

France chevaleresque et généreuse,

je n’en doute pas,

tu n’es pas responsable de ces horreurs.

Recevez mes chers Frères,

l’assurance de mon respectueux dévouement.

Jules-Géraud Saliège -  Archevêque de Toulouse - 23 août 1942